David Szafran
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Droit des sociétés et des associations
Depuis la publication de notre analyse en juin 2025, le paquet « Omnibus I » présenté par la Commission européenne pour alléger les obligations de durabilité a connu des développements majeurs : vote du Parlement européen et lancement du trilogue. Voici l’essentiel à retenir.
2.1. CSRD : un champ d’application fortement réduit
Le Parlement va plus loin que la Commission et propose pour les entreprises établies au sein de l’Union Européenne :
Ces ajustements ont pour objet de considérablement réduire le nombre d’entreprises concernées par ces obligations. La GRI (Global Reporting initiative) souligne d’ailleurs que « Avec la réduction de 92 % des entreprises dans le cadre du CSRD – en supprimant toutes les multinationales sauf la plus grande – il sera plus difficile pour les investisseurs, les décideurs, les autres parties prenantes et les entreprises elles-mêmes d’accéder aux données utiles à la décision nécessaires pour soutenir une croissance durable. » – GRI – Vote du Parlement européen sur la CSRD : un pas en arrière pour la direction de l’UE
2.2. CS3D : un devoir de vigilance radicalement resserré
Alors que la directive adoptée en 2024 visait les entreprises de plus de 1.000 salariés avec un chiffre d’affaires global supérieur à 450 millions EUR, le Parlement propose :
Il s’agit d’un changement majeur, ramenant la CS3D à une directive ciblée sur les très grandes multinationales.
2.3. Taxonomie : rationalisation
Seules les entreprises relevant de la CSRD (version révisée) seraient automatiquement tenues de publier leurs indicateurs Taxonomie. Les autres pourraient le faire volontairement.
2.4. Portail numérique
Le Parlement européen a demandé à la Commission européenne de lancer un portail numérique gratuit en guichet unique, fournissant des modèles, des lignes directrices et des informations sur les exigences européennes de reporting.
À l’issue du trilogue, le texte de compromis devra encore être formellement adopté par le Parlement européen et le Conseil avant sa publication au Journal officiel de l’UE. Les États membres disposeront ensuite d’un an pour transposer ces nouvelles dispositions dans leur droit national.
Recommandations pratiques :
Alors que le cadre européen poursuit son évolution, il devient essentiel pour les entreprises d’anticiper ces ajustements et d’adapter leurs pratiques de transparence. Le recours au reporting volontaire constitue, à ce titre, un outil structurant permettant d’affiner la gestion des risques, de renforcer la cohérence des démarches ESG et de répondre aux attentes croissantes des parties prenantes.
Dans cette dynamique, il est utile d’examiner dès maintenant l’impact des nouvelles mesures, notamment celles du paquet Omnibus, sur vos obligations actuelles et futures. Notre équipe est disponible pour vous aider à y voir clair et à mettre en place un dispositif de conformité et de reporting réellement adapté à vos enjeux.
Sources :
*CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) : directive européenne qui encadre la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises, incluant leurs objectifs climatiques, impacts et dispositifs de gestion des risques.
*CS3D (Corporate Sustainability Due Diligence Directive) : directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises sur l’ensemble de leur chaîne de valeur, afin d’identifier, prévenir et traiter les risques liés aux droits humains, à l’environnement et à la gouvernance.